Mon parcours en éducation populaire m’a amené à expérimenter et à développer des outils de réflexion et d’animation. Je réalise des accompagnements et anime des collectifs avec une approche développant le pouvoir d’agir. Je contribue à des recherches-actions et des diagnostics. Je suis titulaire d’un diplôme d’État d’ingénierie sociale obtenu au Collège coopératif en Bretagne, d’une licence en Travail social et d’un DU en action collective obtenus au Québec ainsi que du Diplôme d’État d’assistante de service social.

J'interviens à partir de trois entrées :

  • Accompagnement des dynamiques collectives
  • Diagnostic social et analyse des besoins sociaux
  • Formation et analyse de pratiques

Je mobilise des outils de l'éducation populaire tels que :

La facilitation : 

La facilitation consiste à accompagner des groupes et des collectifs pour rendre plus facile le travail collaboratif et la participation. Elle mobilise l'intelligence collective par des animations dynamiques qui favorisent les processus, la créativité, la possibilité de conjuger les regards et elle accompagne la prise de décision. Elle prends en compte autant la forme et le vécu des participants et du groupe que le fond et les productions des temps de travail.

La recherche-action citoyenne :

A mon sens la recherche-action citoyenne est une recherche de terrain qui mobilise d'abord la participation des personnes concernées par la problématique mise en travail.

Il ne s’agit pas de faire de la recherche avec des acteurs ou à partir de leurs savoirs spécifiques. Il s’agit plutôt pour les acteurs d'élaborer leur analyse des réalités en l'alimentant par différents types de savoirs puis d’expérimenter des actions précisément en lien avec leurs réflexions et issues de leurs hypothèses. Ces expérimentations seront l'occasion de nouveaux apprentissages et de nouvelles analyses poussant à expérimenter encore.

À ce titre, la démarche recherche-action telle que je la conçois se rapproche de l’enquête sociale telle que la pense John DEWEY pour qui « enquêter et transformer la réalité sociale sont une seule et même chose » (Zask, 2015, p. 87).

Le forum ouvert :

Le forum ouvert est une méthode pour permettre à de grands groupes confrontés à un problème immédiat et important, d'ouvrir et de traiter tous les thèmes et les questions qui lui semblent pertinent pour résoudre ce problème.

Le forum ouvert repose sur cinq principes :

  • « Les personnes présentes sont les bonnes personnes ». Chaque participation est utile, chacun a des choses à apporter au débat et regretter l'absence de certaines personnes ne les fera pas apparaître.
  • « Ça commence quand ça commence ». Parfois le temps de se rencontrer ou de se lancer peut être plus ou moins long, il faut l'admettre et le permettre.
  • « Quand c’est fini, c’est fini ». Les organisateurs et les personnes animant des ateliers s’engagent à respecter l’horaire de fin prévu.
  • « Ce qui arrive est ce qui devait arriver ». Les organisateurs ne prévoient pas les résultats, les participants sont responsables de leur production.
  • « Quel que soit l’endroit où ça se passe, c’est le bon endroit » Ce peut être dans les couloirs, entre deux ateliers, autour d'un café... les espaces informels peuvent parfois être les plus riches.

Et une loi :

  • La loi de la mobilité ou « loi des deux pieds » : si, pendant la réunion, des personnes estiment qu’elles n’apprennent rien ou n’apportent rien aux échanges, elles sont invités à faire usage de leurs pieds pour se rendre dans un endroit plus productif ou plus intéressant à leurs yeux.

Les outils du théâtre de l'opprimé

Le principe du théâtre de l'opprimé est de travailler avec les personnes concernées par une réalité sociale qui leur pose problème à partir de différents outils (jeux, théâtre-Forum, théâtre-Image, improvisation...) dans un processus qui leur permet de mettre en commun des situations réelles d'oppressions qu'elles ont subit pour chercher des solutions pour les dépasser. C’est une pratique qui se place politiquement et indéfectiblement du côtés des opprimés. 

Cela peut donner lieu à une représentation de courtes scènes où un.e joker (menant le jeu) invite les spectacteur.rices à intervenir sur scène en remplaçant physiquement les personnages avec lesquels ils sont en solidarité. Ils improvisent alors des pistes de résolutions qui seront débattues à travers les multiples propositions des spectateurs. Cette méthode a été créé par le brésilien Augusto Boal au cours des années 1960.

L'entrainement mental

Cet outil permet de s'entrainer à structurer nos processus d'analyse en tenant compte de la compléxité du réel. L'entrainement mental s'appuie sur l'éthique, la logique et la dialectique (celle d'Héraclite) pour poser les problèmes. Ce processus, qui mobilise un petit collectif autour d'une situation concrète instisfaisante vécue par une personne, invite à fragmenter l'analyse en quatre temps pour ne pas les confondre : les faits, les problèmes, les explications et les solutions.

Le codéveloppement est une pratique issue de cette approche.